La guerre de Troie, Acte II
« L’empire » hellénique au centre d’un conflit mondial, voilà
le scenario improbable auquel nous assistons depuis quelques semaines. Dans le rôle du cheval
de Troie : la Grèce. Maillon faible de la zone euro, le pays a avoué une situation
budgétaire désastreuse et incontrôlée ainsi que des falsifications
statistiques répétées pour masquer les faits aux autorités européennes.
Dans le rôle des assaillants on compte des politiciens eurosceptiques, anglais en tête, des
agences de notation, des banques d’affaires américaines, des hedge funds et autres
spéculateurs en tout genre. Enfin, la victime : l’euro, dont la valeur ne cesse de
baisser face au dollar. Cet acharnement contre l’euro est-il justifié au vu des
risques réels ? Certainement pas ! Certes la situation de la Grèce est
préoccupante et la complexité du système politico-économique
de la zone euro n’a pas permis une réaction rapide et claire, propice à
rassurer les marchés. Mais le déficit public attendu dans la zone euro dans son
ensemble se situe autour de 6% du PIB en 2009… bien moins que les plus de 10% aux Etats-Unis
et au Japon. La Grèce n’a d’autre choix que d’assainir drastiquement sa
situation budgétaire et s’il le faut, les autres pays de la zone euro lui feront
crédit, même à contrecœur… qui pouvait en douter tant les
enjeux sont importants ? Après la Grèce, la pression des marchés s’est
portée sur le Portugal, l’Espagne ou encore l’Irlande. Mais là encore,
rationnellement ces spéculations sont infondées car la situation économique
et budgétaire dans ces pays n’a rien à voir avec la Grèce. Gageons que
hors de l’Europe, certains avaient beaucoup à gagner en jouant l’euro à
la baisse et en alimentant les marchés de rumeurs spéculatives sur un improbable
défaut de paiement de la zone euro ou de la fantaisiste disparition de l’euro, afin
d’influencer les cours. Mais, l’euro est un système monétaire qui
s’avère bien plus solide que ne pouvait laisser paraitre son complexe modèle
politico-économique. L’euro résistera aux attaques et en sortira probablement
plus fort aux yeux des marchés en ayant prouvé la stabilité du système.
La zone euro a connu une croissance plus faible que prévu au 4ème trimestre 2009 : +0,1% par rapport au trimestre précédent (contre +0,3% attendu) et un recul record de 4% de l'activité de la zone sur toute l'année 2009.
L'ensemble de l'Union européenne a également connu une croissance atone de 0,1% au 4ème trimestre avec un PIB en recul de 4,1% sur l'ensemble de l'année. La faible croissance de la fin 2009 est due particulièrement à l'Allemagne, dont le PIB a stagné au 4ème trimestre (après une croissance de 0,7% au 3ème trimestre), en raison d'un recul de la consommation privée et des investissements. Sur l'année, la première économie européenne a, comme la France, subi sa pire récession depuis l'après-guerre mais avec une contraction du PIB de 5%, soit deux fois plus qu’en France.
L'Allemagne a de plus cédé sa place de premier exportateur mondial à la Chine en 2009. Les exportations allemandes ont chuté de 18,4% en 2009 -leur plus fort recul depuis 1950- à 1.120 milliards de dollars alors que les ventes chinoises à l'étranger ont de leur côté dépassé 1.200 milliards de dollars. L'Allemagne était le 1er exportateur mondial depuis 2003.
Autre déception : l'Italie, qui avait retrouvé le chemin de la croissance au 3ème trimestre, a connu une contraction surprise de son économie de 0,2% au dernier trimestre 2009.
La croissance britannique au dernier trimestre 2009, qui a marqué la fin de la récession au Royaume-Uni, a été relevée dans la 2ème estimation officielle. Le PIB du Royaume-Uni a ainsi progressé de 0,3% par rapport au précédent (l'estimation initiale de fin janvier avançait une croissance de seulement +0,1%).
L'Espagne est quant à elle restée en récession, avec une contraction trimestrielle de 0,1%. La production industrielle en Espagne n'a cependant reculé que de 1,4% en décembre 2009 par rapport au même mois de 2008. Il s'agit de la plus faible baisse depuis plus d'un an, après un recul de 5,6% en novembre, de 9,1% en octobre et de 24,2% en mars, quand l'industrie espagnole se trouvait au plus fort de la crise. Le bilan sur l'ensemble de l'année 2009 reste toutefois très négatif, avec une baisse de 15,8% sur un an.
La récession en Grèce continue de s'accentuer, avec un recul du PIB de 0,8% au dernier trimestre.
La production du secteur industriel de la zone euro a progressé au mois de janvier à son rythme le plus élevé en deux ans. L’indice Markit pour janvier est en hausse à 52,4 contre 51,6 en décembre. L’indice est plus que jamais au dessus du seuil de 50 qui sépare la récession du secteur de sa croissance.
Au niveau de la politique monétaire, la Banque centrale européenne a annoncé début février le maintien de ses taux directeurs qui restent ainsi à 1%, son niveau depuis le mois de mai. Ce statu quo devrait perdurer d'autant plus la zone euro reste secouée par la crise budgétaire en Grèce. La Banque d'Angleterre a elle aussi gardé son taux directeur inchangé, à 0,5%.
Côté Bourse
Les résultats publiés offrent de relativement bonnes surprises parmi les sociétés cycliques et financières.
Si les constructeurs automobiles font grise mine, en particulier Daimler (perte nette de 2,64 milliards d'euros sur l'année 2009, contre un bénéfice de 1,41 milliards en 2008) les valeurs financières sortent peu à peu du trou noir (Barclays a réalisé l'an dernier un bénéfice avant impôts en hausse de 92% à 13,4 milliards d'euros, dopé par la vente de sa filiale de gestion d'actifs Barclays Global Investors ; Santander a dégagé un bénéfice net en progression de 0,7% sur l'ensemble de l'année dernière à 8,943 milliards d'euros ; Deutsche Bank a dégagé un profit annuel de 5 milliards d’euros).
En vrac, ArcelorMittal a publié des résultats annuels tout juste bénéficiaires à 118 millions de dollars contre un bénéfice de 9,4 milliards de dollars en 2008. Les 3 premiers pétroliers européens ne sont plus à la fête : Royal Dutch Shell a fait état d'une chute de 75% de son bénéfice au 4ème trimestre à 1,18 milliards de dollars (850 millions d'euros) alors que Total a vu son bénéficie baisser de 28% sur la même période (2,08 milliards d'euros) en revanche BP est redevenu bénéficiaire avec 4,295 milliards de dollars de profits au quatrième trimestre (contre une perte de 3,344 milliards de dollars un an plus tôt). Dans la pharmacie, GlaxoSmithKline a annoncé un bénéfice net de 5,531 milliards de livres sur l'année 2009, en hausse de 20,2% alors que son concurrent Sanofi Aventis a fait part d’un bénéfice en hausse de 11% à 7,8 milliards d’euros.
En France
Le PIB de la France a reculé de 2,2% en 2009, la plus forte récession depuis l'après-guerre, mais au dernier trimestre la croissance a dépassé les prévisions en atteignant 0,6%, selon les premières estimations de l'Insee. La croissance du troisième trimestre a en revanche été inférieure aux prévisions à +0,2% contre +0,3% publié précédemment. Sur l'ensemble de l'année 2009, La France fait ainsi pratiquement 2 fois mieux que l'Allemagne.
Toutefois on ne constate toujours pas de signe de reprise du côté des investissements privés qui ont à nouveau reculé de 0,8%, au cours des trois derniers mois de l'année, et pour le 7ème trimestre consécutif, plongeant ainsi de 7,7 % sur 2009. Face à une faible visibilité conjoncturelle et à une demande atone, les entreprises continuent de reporter leurs projets d'investissement. La croissance du PIB en fin d'année est due en grande partie à une contribution positive des stocks : sans ces derniers, la croissance aurait plus ou moins stagné. La consommation a également continué à jouer son rôle de moteur de l'activité, en progressant de 0,9 % sur les 3 derniers mois de l'année (et de +0,8 % sur l'année). Malgré la crise, les Français ont continué à dépenser, aidés par un pouvoir d'achat en hausse grâce à la modération de l'inflation et les incitations fiscales, notamment la prime à la casse. Ces dernières vont se réduire progressivement en 2010 et la consommation sera à suivre de près. Déjà en février le moral des ménages français a accusé une nette baisse, même si les craintes concernant la montée du chômage semblent s'atténuer. Cette dégradation du moral des ménages coïncide avec un net repli de la consommation en janvier par rapport à décembre (-2,7%), en raison de la baisse des achats d'automobiles liée à la diminution du montant de la prime à la casse.
Les poids lourds du CAC40 continuent de publier leurs résultats annuels. Les valeurs du luxe s'en sortent bien (PPR a dans l'ensemble maintenu ses résultats au titre de l'année 2009 ; le groupe de luxe Hermès affiche un chiffre d'affaires annuel en hausse de 8,5% (+4,1% à taux de change constant) portées par une activité soutenue en fin d'année ; le numéro un mondial du luxe Louis Vuitton a enregistré une baisse de son bénéfice net de 13% pour un chiffre d'affaires quasi stable (-1%).
En revanche les valeurs "grande conso" subissent l'impact du ralentissement de la consommation des ménages. Ainsi Carrefour a annoncé une très forte baisse de son bénéfice net sur l'exercice 2009, de 74,2%, à 327 millions d'euros et L’Oréal a vu ses profits baisser de 8% à 1,79 milliards d'euros pour un chiffre d'affaires quasi-stable.
L'automobile a également connu une très mauvaise année 2009, et ce malgré les primes à la casse instaurées dans plusieurs pays. PSA Peugeot Citroën affiche une perte annuelle nette de 1,161 milliards d'euros sur l'exercice 2009, trois fois plus qu'un an auparavant. Pour Renault, l'année écoulée s'est soldée par une perte nette de 3,125 milliards d'euros (contre un bénéfice net de 571 millions d'euros en 2008). Michelin a enregistré une baisse de 70,6% de son bénéfice net en 2009 à 106 millions d'euros.
Du côté des financières, BNP Paribas sort définitivement grand gagnante de la crise. La banque française a quasiment doublé son bénéfice net à 5,832 milliards d'euros, en hausse de 93% par rapport à l'année précédente (avant la crise, en 2007, le bénéfice net atteignait toutefois 7,82 milliards d'euros). Crédit Agricole SA a réussi à sortir son épingle du jeu avec un bénéfice annuel net de 1,125 milliard d'euros, en hausse de 9,9% sur un an. Le bancassureur Axa a présenté un bénéfice net annuel de 3,6 milliards d'euros (en 2008, il s'était établi à 900 millions d'euros) malgré un chiffre d'affaires en repli de 3%. Du côté des déceptions, Société Générale a annoncé un bénéfice net divisé par trois en 2009 à 678 millions d'euros, affecté par d'importantes dépréciations et provisions sur son portefeuille d'actifs à risque. Natixis, filiale du groupe BPCE, a enregistré en 2009 un perte nette de 1,707 milliards d'euros mais a confirmé son redressement en fin d'année avec un bénéfice trimestriel de 748 millions d'euros.
Alors que la croissance reste bien molle, l’Europe se bat contre les marchés pour sauver sa monnaie unique du naufrage. Si la mosaïque de pays composant l’euro ne rend pas les choses faciles à gérer, les gouvernements de la zone euro semblent avoir pris conscience de la situation et ont finalement accepté d’annoncer publiquement leur aide à l’Etat grec si cela s’avérait nécessaire. C’était le seul moyen d’apaiser les craintes des marchés. Les marchés des changes risquent d’être encore chaotiques pendant un moment le temps que la situation budgétaire en Grèce gagne en lisibilité.
La croissance économique des Etats-Unis au 4ème trimestre 2009 a été revue à la hausse, à 5,9% en rythme annuel, selon la 2ème estimation officielle. En dépit des apparences, cette révision n’est pas un signe positif car elle est essentiellement due aux effets comptables liés aux variations des stocks des entreprises, qui ont déstocké moins rapidement qu'au 3ème trimestre (signe d’une activité moins dynamique). La consommation des ménages a quant à elle ralenti plus qu'annoncé initialement, pour n'augmenter que de 1,7% (-0,3 point par rapport à l'estimation de la fin janvier), après une hausse de 2,8% au troisième trimestre.
Malgré tout, la Banque centrale américaine (Fed) semble plus optimiste quant à l'évolution de l'économie américaine et a ainsi annoncé le relèvement de son taux d'escompte, un taux d'intérêt permettant le refinancement des banques, de 0,5% à 0,75%. Elle justifie ce choix par une amélioration de la situation sur les marchés financiers. Un premier pas vers la sortie des mesures de soutien exceptionnelles au crédit. Désormais, tous les regards seront tournés vers les taux d'intérêts de la Fed, dont les marchés anticipent une hausse. Pour l'heure, la Banque centrale a laissé son taux directeur inchangé indiquant qu'il devrait rester en l'état «pendant une longue période».
L'économie américaine a encore détruit des emplois en janvier, mais nettement moins qu'en décembre, et le taux de chômage des Etats-Unis a baissé à 9,7% pendant le premier mois de l'année. Les entreprises du pays ont détruit 22.000 postes de travail nets, soit plus de sept fois moins qu'en décembre (150.000). Malgré la poursuite des licenciements, le taux de chômage a baissé de 0,3 point pour retrouver son niveau du mois d'août.
Côté Bourse
La saison des publications des résultats pour le 4ème trimestre 2009 touche à sa fin et 73% des résultats annoncés sont ressortis supérieurs aux attentes des analystes, le plus haut taux depuis 1993. Le secteur de la consommation cyclique, avec plus de 91 % de résultats supérieurs aux attentes, témoigne de la capacité d’adaptation du secteur de la distribution à un environnement concurrentiel difficile. Ainsi Wal-Mart, le leader mondial de la distribution, a annoncé, pour son exercice annuel clos le 31 janvier 2010, un bénéfice net en hausse de 7% à 14,848 milliards de dollars. Pepsi a fait état d'un bénéfice net en hausse de 16% à 5,942 milliards de dollars alors que Coca Cola affiche un bénéfice net en hausse de 18 % à 6,82 milliards de dollars et un chiffre d'affaires en léger repli.
Au niveau des valeurs financières, notons qu'AIG continue dans le rouge même si le groupe a réduit ses pertes au 4ème trimestre. L'assureur, désormais détenu à hauteur de 79,9% par l'Etat américain, a publié une perte nette de 8,9 milliards de dollars pour le dernier trimestre 2009, contre 61,7 milliards de dollars sur la même période de l'exercice précédent.
Par ailleurs, l’électricien américain FirstEnergy finalise l'achat de son concurrent Allegheny Energy pour 8,5 milliards de dollars. Si l'opération aboutit, elle donnera naissance à l’un des premiers fournisseurs d’électricité aux Etats-Unis.
Petit à petit les Etats-Unis sortent la tête de l’eau et les institutions financières et gouvernementales se préparent à adapter leur politique (monétaire, budgétaire, fiscale…) en conséquence.
L'économie russe a plongé de 7,9% en 2009 (après une croissance de 6% en 2008), d'après les premiers chiffres officiels. Le pays a été fortement pénalisé par sa grande dépendance aux matières premières, pétrole et gaz en tête et par un pouvoir d'achat en baisse se traduisant par une baisse de la consommation des ménages. Le gouvernement semble être conscient des faiblesses de son économie et a entamé toute une série de réformes. En attendant une diversification plus forte de l’économie russe, la croissance devrait revenir dès cette année mais l'incertitude demeure quant à son niveau tant l'économie russe manque de lisibilité.
En Asie, l'année du buffle a laissé la place à celle du tigre. Si l'année écoulée a permis à un grand nombre d'économies émergentes de se consolider, l'année 2010 devrait leur permettre d'accélérer leur développement dans un cadre relativement stable et sain.
En Amérique latine, le PIB du Mexique, la deuxième économie la plus puissante de la région derrière le Brésil et la plus touchée par la crise financière, a chuté de 6,5% en 2009. Le Mexique a été fragilisé par sa dépendance vis-à-vis des Etats-Unis, durement touchés par la crise, qui pèse à eux seuls 80% des exportations mexicaines. Selon la Commission économique pour l'Amérique latine et les Caraïbes (Cepal), organisme économique dépendant de l'ONU, les économies d'Amérique latine ont reculé de 1,8% en 2009 et devraient connaître une belle reprise en 2010, avec 4,1% de croissance en moyenne.
Le marché chinois
Désormais 1er exportateur mondial, la Chine a vu ses exportations et ses importations progresser respectivement de 21% et 85,5% sur un an glissant. Même après avoir écarté l’effet saison (nouvel an chinois en janvier l’année dernière), ces chiffres illustrent l’amélioration de l’activité commerciale. Les nouveaux prêts ont atteint 1 390 milliards RMB en janvier, en baisse de 14,2% sur un an du fait des mesures de contention des crédits imposées par le gouvernement.
Les chiffres d'inflation domestique en Chine pour janvier sont sortis en dessous des attentes (+1,5 % contre plus de 2 % attendu). Celui de l'inflation des entreprises (IPP) est, quant à lui, ressorti au-dessus des attentes (en hausse de 4,3 %), ce qui démontre bien que la machine industrielle chinoise est en plein redémarrage. Une reprise de la consommation domestique devrait suivre. L'inflation n'est pas encore un souci mais les autorités restent vigilantes sur ce point
Le marché indien
La croissance de l'économie indienne devrait atteindre 7,2% au cours de l'exercice budgétaire 2009-2010, qui s'achèvera fin mars, selon le gouvernement, une prévision qui pourrait le conduire à retirer des mesures de soutien à l'activité dans son prochain projet de budget.
En décembre 2009, la croissance de la production industrielle a bondi de 16,8%, bien au-dessus des attentes des économistes (12,4%). La croissance des crédits est à nouveau à 2 chiffres (à 14,8%).
Le gouvernement continue d'adopter des mesures de contention de l'inflation en adoptant récemment des mesures sur le marché des engrais (marché sensible quand on sait que 70% de la population indienne est rurale).
L'Inde veut également s'attaquer à son déficit budgétaire, estimé à 6,9% de son PIB. Le retour attendu de la croissance et des mesures fiscales appropriées (notamment la création d'un impôt national sur les biens et services d'ici avril 2011) devrait permettre, selon les plans du gouvernement, d’abaisser le déficit à 5,5% pour mars 2011 et 4,1% en mars 2013.
Du côté des sociétés, notons que l’opérateur de télécommunications Bharti a annoncé être en discussion exclusive avec Zain, 2ème plus grand opérateur panafricain après MTN, en vue de son rachat pour 10,7 milliards de dollars.
Le marché brésilien
Les prix à la consommation ont augmenté en janvier au Brésil de 0,75% par rapport à décembre, ce qui porte l'inflation à 4,59% sur les douze derniers mois. Sur l'ensemble de l'année 2010, l'inflation devrait s'établir à 4,6%, selon les prévisions de la Banque centrale brésilienne, légèrement au-dessus de l'objectif fixé par le gouvernement (4,5%).
Selon le Cepal, le Brésil, devrait prendre la tête de la reprise économique au niveau régional, avec une croissance de 5,5 % en 2010.
Du côté des entreprises, notons que le géant pétrolier Shell et le premier producteur de sucre et d'éthanol brésilien Cosan ont annoncé la création d'une coentreprise au Brésil qui produira du sucre et du biocarburant et gérera un parc de stations service. Forte de 4 300 distributeurs de biocarburant environ, la nouvelle entreprise contrôlera le troisième réseau brésilien.
La situation des pays émergents reste la même : une claire orientation vers une croissance robuste. Les pays auront à cœur de consolider leur situation budgétaire, de garder sous contrôle l’inflation et de continuer à stimuler leur économie notamment via des investissements publics massifs dans les infrastructures.
Le PIB japonais s'est contracté de 5% en termes réels en 2009, la plus forte baisse depuis que les statistiques en la matière ont commencé à être publiées en 1955, à cause d'un premier trimestre désastreux. La croissance au 4ème trimestre a toutefois été plus robuste que prévu (+1,1% par rapport au trimestre précédent et +4,6% en rythme annualisé) grâce à des plans de relance massifs qui ont favorisé le rétablissement des exportations, de l'investissement et de la consommation. Pour la période d'octobre à décembre, la croissance nippone a été tirée par les exportations qui ont augmenté de 5% par rapport au trimestre précédent. Les exportations ont contribué à plus de la moitié de la croissance du PIB en fin d'année, en premier lieu, celles vers l'Asie (+31 % sur un an glissant). La Chine est le premier partenaire d'échange commercial du Japon, devançant désormais les Etats-Unis. L'investissement en capital des entreprises a aussi progressé de 1,0% et la consommation des ménages de 0,7%.
Avec un PIB nominal de 5.075 milliards de dollars en 2009, le Japon a conservé de justesse sa place de 2ème économie mondiale devant la Chine, dont le PIB nominal a atteint l'an dernier 4.900 milliards de dollars. La Chine devrait toutefois ravir la 2ème place au Japon dès 2010 ou 2011. Le Japon avait atteint le rang de deuxième économie mondiale, derrière les Etats-Unis, en 1968.
Du côté des publications de résultats, les géants nippons de l'électronique retrouvent des couleurs. Sony a fait état de son premier résultat positif en cinq trimestres avec un bénéfice de 146,1 milliards de yens (1,16 milliards d'euros) sur la période octobre-décembre 2009 contre une perte de 17,96 milliards un an plus tôt. Panasonic est également redevenu dans le vert avec un profit net de 32,3 milliards de yens (contre un déficit de 63,1 milliards un an auparavant).
Du côté des constructeurs automobiles, l'actualité a été marquée par les déboires industriels du numéro un mondial Toyota. Le constructeur a cependant relevé ses prévisions de résultats pour l'exercice fiscal qui s'achèvera fin mars, en dépit des rappels massifs de véhicules annoncés ces dernières semaines dont l'impact financier devrait surtout peser sur les comptes du prochain exercice. Le trimestre octobre-décembre, s'est soldé par un bénéfice d'exploitation de 189 milliards de yens (1,5 milliards d'euros). Pour l'ensemble de l'exercice, Toyota anticipe désormais une perte d'exploitation limitée à 20 milliards de yens, contre 350 milliards précédemment. L'exercice 2010/2011 s'annonce toutefois difficile car les coûts de restructuration dus aux multiples problèmes industriels rencontrés sur des millions de véhicules et les interruptions de production risquent d'être plus importants qu'attendus.
Honda, qui a relativement bien traversé la crise, a fait état d'un bénéfice d'exploitation en hausse de 73% à 177 milliards de yens (1,4 milliards d'euros) sur le trimestre octobre-décembre et a relevé ses prévisions de résultats pour l'ensemble de l'exercice, anticipant un bénéfice d'exploitation de 320 milliards de yens, alors qu'il projetait auparavant 190 milliards. La marque a toutefois dû elle aussi rappeler un nombre massifs de véhicules au Japon et aux Etats-Unis.
Nissan Motor, numéro trois japonais de l'automobile, a renoué avec les bénéfices au 3ème trimestre 2009-2010 avec un bénéfice d'exploitation de 134,07 milliards de yens (1,08 milliards d'euros) et relève sa prévision annuelle à la faveur d'une hausse de ses ventes mondiales anticipant un bénéfice d'exploitation de 290 milliards de yens.
L’économie nippone continue son redressement et 2010 commence bien mieux que ne l’avait commencé 2009 même si les fondements, et notamment la consommation des ménages, doivent encore être solidifiés.
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-5,76 % CAC 40 |
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-6,54 % DJ Euro Stoxx |
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-0,99 % Dow Jones Industrials 30 |
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-3,99 % Nikkei 225 |
Les hedge funds, également appelés fonds alternatifs, sont apparus dans les années 1950 aux Etats-Unis. Il s’agit d’organismes de gestion collective fonctionnant sur le même principe que les OPCVM mais investis dans une stratégie alternative.
Ces fonds, encore assez peu réglementés, manquent parfois de transparence et comportent des risques de perte de capital pouvant être très élevés. Ils adoptent une gestion alternative via une gestion d'actifs spécialisée, technique et concentrée sur une niche de marché bien précise.
La gestion alternative se donne pour objectifs d'atteindre un niveau de performance absolue, de préférence stable, décorrélée de la tendance globale des marchés actions ou obligations, tout en minimisant les risques et en garantissant le capital investi. Il s’agit d’une gestion sans contraintes qui investit aussi bien sur les marchés boursiers « traditionnels » que dans des actifs illiquides ou complexes (matières premières, devises, marché de l’art…). Ce type de gestion utilise des outils plus ou moins complexes tels que la vente à découvert, les arbitrages, l’effet de levier… et a fréquemment recours aux produits dérivés (options, futures, contrats de gré à gré) soit dans un but spéculatif, soit au contraire pour couvrir le portefeuille.
publications de la Banque de France sur les hedge funds
La rédaction de ce document s’est achevée le 1er mars 2010.
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